All Articles by Caroline Mazel

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L’école bordelaise : de l’héritage à la signature

Cette intervention aborde l’école bordelaise des années 1960-70 entendue comme l’agence d’architecture Salier-Courtois-Lajus-Sadirac-Fouquet dont les principaux fondateurs ont été formés par Claude Ferret à l’école Régionale d’Architecture de Bordeaux. Durant leurs études, ces jeunes architectes s’affranchissent d’une certaine inertie pédagogique pour librement s’intéresser à la manière dont les « maîtres » du Mouvement Moderne (FL. Wright, Le Corbusier, R. Neutra, L. Mies Van der Rohe, …) conçoivent et construisent objets architecturaux et formes urbaines. Avec la montée en puissance d’une pensée environnementaliste, certains basculent vers la post-modernité, plus attentifs à la tradition locale et aux particularités régionales. Des traces indéniables de recours à une pensée analogique vis-à-vis de ces grandes figures se retrouvent différemment appropriées dans leur production. Nous proposons de découvrir cette école bordelaise, aujourd’hui reconnue et admirée, au travers d’une sélection d’opérations représentatives situées en Nouvelle Aquitaine.

Archi : Y. Salier, photo : C. Mazel

ETUDE RÉGIONALE SUR DES BÂTIMENTS À L’ARCHITECTURE CONTEMPORAINE REMARQUABLE

Soutenu dans le cadre du dernier appel à projets 2020 lancé par le Forum urbain, cette étude s’intéresse aux qualités architecturales d’ouvrages situés en Nouvelle-Aquitaine, en vue de les présenter à la labellisation « Architecture Contemporaine Remarquable » du Ministère de la culture. Porté par Caroline Mazel, architecte, Maître de conférences à l’ensapBx et chercheur au laboratoire PAVE, le projet porte une attention toute particulière à la valorisation des travaux auprès du grand public.

Plus de détail sur le projet lauréat ici.

© Hameau de Noailles, archis : Salier, Courtois, Lajus, Sadirac ; photo : L. Caradec

Réaction à l’annonce de la destruction de la poste de Villenave d’Ornon…

… dans les pages du journal Sud-Ouest :

…. et ici, le texte dans son intégralité :

Je me permets de réagir à l’article publié dans vos pages le 25 septembre dernier  sous le titre « Ouverture d’un bureau de poste ‘’nouvelle génération’’ » à Villenave d’Ornon où vous faites état de la destruction de la poste du Pont de la Maye programmée au premier trimestre 2021.

La ZAC de la route de Toulouse s’inscrit dans le projet métropolitain qui vise à intensifier les qualités de vie de notre territoire en introduisant de nouvelles aménités dans la sphère de l’habitat : déplacements, services, équipements et espaces publics. Un projet bienvenu pour un axe aménagé jusqu’alors au gré des opportunités, pour et par l’automobile, sans vision d’ensemble tel un espace ‘’vide poche’’ dépourvu d’harmonie. L’urbanisme et l’architecture en cours de réalisation permettent d’espérer mieux et les bâtiments déjà livrés, par leur force et leur sobriété attestent d’un souci de mise en cohérence. On sent se profiler justesse et retenue, qualités étrangères à d’autres nouveaux quartiers de l’agglomération.

Pour autant, on peut regretter que quelques traces du passé moderne villenavais n’aient pas été mieux considérées.

La poste de la place Aristide Briand, petit volume bas, soigneusement dessiné, composé de panneaux de béton de galets, de claustras géométriques, couronné d’un acrotère rainuré est un témoignage de l’architecture brutaliste des 30 Glorieuses. Elle illustre une volonté de modernisation de ce qui était alors une administration d’état relevant des PTT : par la création de nouveaux bureaux, centres de tri et autres bâtiments administratifs, elle renouvelait son parc immobilier, se rapprochant des usagers. L’expression architecturale convoquée, issue du Mouvement moderne, incarnait une époque… encore mal connue et peu appréciée aujourd’hui. Le bâtiment sera détruit d’ici quelques mois. Ce même sort a été jeté il y a peu au bureau de poste de Taussat sur le Bassin d’Arcachon dont l’intérêt architectural était équivalent.

L’architecture moderne serait-elle encore trop récente pour que nos regards la considèrent ? Historiquement, il est vrai que l’on reconnaît ce qui nous est le plus éloigné et pour qu’un bien est valeur de patrimoine, il faut souvent que l’oubli commence à faire son travail. Or, le XXe siècle est pour la plupart d’entre nous encore notre quotidien.

Pourtant, depuis les années 1980, du patrimoine qui nous était bien antérieur, on s’est mis à considérer le patrimoine plus récent, qui nous est contemporain. S’il peut être protégé au titre des Monuments Historiques, il peut aussi être labelisé au titre de l’Architecture Contemporaine Remarquable par le Ministère de la Culture et de la Communication dans le but de reconnaître des réalisations de moins de 100 ans. Identifier, reconnaître, protéger la production ordinaire, courante mais pour autant qualitative, voilà un enjeu important pour sensibiliser nos concitoyens à la qualité de notre cadre de vie.

Villenave d’Ornon possède quelques réalisations qui pourraient -ou auraient pu- prétendre à ce label : outre le bureau de poste, le central téléphonique (services techniques de l’entreprise de télécommunications Orange) qui lui est proche, l’église Saint-Delphin et le théâtre Georges Méliès.

Identité et mémoire étant liées, ces bâtiments étaient susceptibles d’être intégrés et mis en lumière dans le cadre d’un tel projet de renouvellement et de création de centralité. Un autre choix a été fait pour deux d’entre eux puisqu’outre la démolition de la poste, le central téléphonique a été « embelli » afin de gommer son « aspect de bunker » selon les termes retranscrits dans l’article de Sud-Ouest du 17 09 2019. Cette dernière option a le mérite d’offrir la réversibilité aux générations futures qui jugeront de l’intérêt de rétablir l’intégrité architecturale de ce petit édifice désormais recouvert d’une fresque multicolore.

Pour comprendre et adhérer à un processus de patrimonialisation, il importe de ne pas se contenter de regarder mais d’être en faculté de voir. L’éducation et la sensibilisation à l’architecture en restent un maillon essentiel qui concerne autant le grand public que les acteurs de l’aménagement, porteurs d’une connaissance technique et juridique… plus que culturelle.

 

Caroline MAZEL
Architecte / www.mediarchi.fr

 

 

Contribution de C. Mazel au Libre Blanc du Conseil National de l’Ordre des Architectes

Conçu comme un laboratoire d’idées collaboratif, ce livre blanc est destiné à développer une réflexion prospective sur les sujets qui relèvent de notre environnement architectural, culturel, social et économique. Initié par le Conseil national de l’Ordre, il est co-construit avec de nombreux partenaires, acteurs et experts de l’architecture et du cadre de vie.

Lire la contribution de C. Mazel : « Diffuser la culture architecturale : la médiation comme levier de qualité de notre cadre bâti ».

Médiarchi à Quimper

Chers auditeurs,
La médiathèque de Quimper Bretagne occidentale a initié depuis 2013 un cycle de conférences autour de l’architecture contemporaine auquel vous avez participé avec intérêt et assiduité, en témoigne votre présence, toujours plus nombreuse au cours des années.
En s’inscrivant sur le temps long, elle a montré son engagement, en tant qu’établissement de lecture publique, à participer à construire la culture architecturale de chacun de vous, considérant la bibliothèque non comme un simple lieu de lecture mais aussi de sociabilité, de savoirs et de culture. En me sollicitant, elle a assumé qu’un regard singulier soit porté sur la fabrication de notre cadre bâti, au-delà des poncifs qui nourrissent la démagogie. Je tiens à saluer et remercier l’implication de son équipe en faveur d’une pensée critique plus ancrée.
La crise du Covid 19 que nous traversons depuis le printemps ne nous a pas permis d’animer les dernières conférences ni de conclure le projet d’Education Artistique et Culturelle co-encadré avec l’école Pauline Kergomard, le collège Max Jacob, le CAUE du Finistère et les services des espaces verts de la ville. Je le regrette mais ne doute pas du fait que l’équipe d’enseignants ainsi que les architectes, techniciens, bibliothécaires, … ont su faire fructifier cette expérience et le savoir acquis par les élèves et collégiens.
Le contexte sanitaire incertain à courte échéance auquel s’ajoute la densité de mes activités nous ont décidé à ne pas re programmer de conférences pour cette prochaine saison.
Vos liens avec l’architecture sont désormais tissés et je sais que vous saurais regarder autrement votre environnement.
Rester vigilants sur sa qualité… tellement il induit, vous le savez, nos relations sociales.
Si sa finalité est l’utilité publique, elle doit rester un acte créatif qui dépasse les questions d’esthétique pour nous affranchir et nous transcender.
Sachez que j’ai apprécié de découvrir la Bretagne, quelles que soient les couleurs de son ciel (!!!) et ses habitants, si attachants.
Portez-vous bien. A bientôt ici ou là…
Caroline Mazel