Archives pour la catégorie Conférences

Le bois : matériau originel de l’architecture

Le bois a donné naissance à l’art de bâtir. Rejeté par le mouvement international qui lui a préféré le métal et le béton, il a été redécouvert par les courants écologiques comme un matériau sain, durable, polyvalent, chaleureux mais aussi économique. De nouvelles géométries et technologies se sont développées, un marché et une filière bois ont prospéré. Nous nous demanderons quels sont aujourd’hui les différents aspects de l’architecture bois. S’il y a peu encore, ce matériau était perçu comme « daté », guère « à la mode » architecturalement parlant, le phénomène s’est inversé. Désormais, il permet de séduire et de faire vendre. Pourtant s’il est vertueux en matière de durabilité, la construction bois elle, ne l’est pas forcément. Exemples à l’appui, nous essaierons de comprendre dans le temps, les liens qui unissent les hommes, le bois et les sociétés.

© Ninara / archi : A. Aalto, Noormarkku, Finlande

La généalogie en architecture : la quête des origines

A l’évocation des termes généalogie, filiation, héritage, nous pensons génétique, droit ou encore psychologie, rarement architecture ! Pourtant, des filiations existent entre les bâtiments des différentes époques et civilisations. On peut parler d’une forme de continuité et souvent, la tradition est inscrite dans la modernité. Pyramides égyptiennes, abbayes cisterciennes ou encore fermes paysannes ont été attentivement étudiées par les plus grands, dont les architectes du Mouvement moderne, qui ont pourtant prétendu faire table rase du passé. En considérant que « l’architecture vient des stratifications de la mémoire » -Roland Simounet-, nous nous interrogerons sur l’architecte créateur ou inventeur et sur les idées prétendument nouvelles d’aujourd’hui.

© Pavillon allemand, Barcelone, L. Mies Van der Rohe, photo Jim

Fernand Pouillon

Fernand Pouillon a fait jeu égal avec Le Corbusier. Plus intemporel et moins révolutionnaire, il se disait « continuateur », cherchant à tisser des liens avec les techniques et formes du passé. En construisant des logements en nombre, à moindre coût et en un temps record, il a défié le milieu de l’architecture et s’est fait de nombreux détracteurs. Engagé dans la vie de la cité, il avait très tôt compris que « l’architecte devait être un métier social ». Par son architecture urbaine, il a su proposer une alternative aux grands ensembles avec des quartiers harmonieux où il fait bon vivre aujourd’hui encore. Avant que le concept ne soit d’actualité voire à la mode, et souvent vidé de son sens, Fernand Pouillon, en bâtisseur, avait le souci d’un développement durable.

© archi : F. Pouillon, Meudon la Frët, photo : F. photo

Plaidoyer pour les grands ensembles

Durant les 30 glorieuses, 8 millions de logements sont construits pour résoudre la pénurie qui frappe la France. Après un accueil enthousiaste, dès les années 60, les premières critiques se font entendre à l’encontre des grands ensembles, jugés « inhumains » voire « concentrationnaires ». Encore aujourd’hui, leur rejet est quasi systématique. Rares sont ceux  qui les considèrent comme des éléments de notre patrimoine. Pourtant, en dépit des difficultés qui ont façonné leur histoire, beaucoup présentent des qualités indéniables, absentes de la production actuelle. Détruits voire défigurés sous couvert des vertus de la rénovation urbaine, ils sont victimes d’un déficit de recherche historique. Cette conférence a pour finalité de participer à changer notre regard à leur égard.

© photo J. Barras, Orgues de Flandre, M. Van Treeck, Paris

Beauté et esthétique en architecture

L’architecture est souvent jugée au travers de sa seule apparence, renvoyant au goût de chacun. On la trouve belle ou laide. Mais est-ce suffisant pour l’apprécier ? Ce qui est esthétique est-il forcément bon, synonyme de qualité architecturale et urbaine et de bien vivre pour les hommes ? La beauté aurait-elle à voir avec l’esthétique ? Pour essayer de donner quelques pistes de réponse, nous définirons tout d’abord ces termes. Puis, nous nous demanderons si, dans un monde où le moindre objet de consommation est pensé avec un certain ‘’look’’ pour mieux séduire, l’architecture échappe ou non à la règle.

© C. Loufopoulos, archi : M. Gautrand

 

L’architecture : la vocation du bien vivre ensemble

L’architecture et l’urbanisme participent autant à l’accueil qu’au sentiment de ségrégation dans la ville. Alors que l’économie globalisée encourage l’individualisme et transforme les habitants en consommateurs, il importe de revenir à la pensée du bien commun, de le res publica -la chose publique-. C’est en confirmant sa vocation première à ménager les lieux, les hommes et les choses que l’architecture peut encore aujourd’hui contribuer à construire la citoyenneté et la cohésion républicaine.

© Caribb

Le mémorial ou la mémoire mise en espace

Chacun a à l’esprit le monument aux morts de son village sous forme de stèle ou de statue de poilus, de coq gaulois ou de veuve éplorée. Lieu de rassemblement, repère dans la ville, il avait pour vocation de garder l’histoire et la mémoire d’un événement tragique. Nous nous intéresserons aux nouvelles générations de mémoriaux qui, plus qu’une œuvre d’art posée devant nous, sont désormais des œuvres d’architecture à parcourir, à vivre et à émouvoir où par la puissance de la mise en espace et de la symbolique, l’absence est matérialisée, le passé nous est transmis, la réflexion provoquée.

© G. Bavière, archi : P. Prost

L’école de Porto

L’école de Porto voit le jour dans les années 50 pour s’opposer aux archaïsmes du régime totalitaire de Salazar. Au travers d’un enseignement spécifique, des figures fondatrices comme Fernando Tavora et Alvaro Siza vont s’employer à former des « maçons d’œuvre grave » autrement dit des architectes responsables qui considèrent que leur rôle dans la société est « grave » au sens de sérieux, honnête, réfléchi. Loin du geste démonstratif, de la forme gratuite et de la mode éphémère, ils livrent une architecture remarquable, blanche, simple et complexe à la fois, modeste et à l’écoute des hommes, ancrée dans les sites. Un retour à l’authentique à l’époque de l’apparence.

© archi : A. Siza

Roland Simounet : le luxe de la simplicité

Né en Algérie en 1927, Roland Simounet a beaucoup construit dans ce pays qu’il affectionnait. Affilié au Mouvement moderne, il s’est consacré à l’habitat du plus grand nombre pour résorber les bidonvilles dans lesquels il a enquêté en ethnologue. Proche de Le Corbusier et de Jean Prouvé, il a su se détacher du Style international pour définir une architecture soucieuse du lieu et des hommes, moderne et vernaculaire à la fois. Dans les années 1980, trois grands chefs d’œuvre en matière d’architecture muséale lui valent une reconnaissance internationale : le musée de la Préhistoire d’Ile-de-France, à Nemours, le Musée d’art moderne du Nord à Villeneuve d’Ascq et le musée Picasso à Paris. Il y met en œuvre l’essentiel pour servir les œuvres exposées et non pour faire un musée de sa propre architecture. Grande figure, pourtant méconnu du grand public, nous rendrons hommage à ce lauréat du Grand Prix National de l’architecture en 1997.

© N.Dewitte / LaM / archi : R. Simounet, M. Gautrand

La reconversion des lieux de l’industrie : de la ruine à la renaissance

Depuis les années 1970, la reconversion des lieux de l’industrie désaffectés est devenue un phénomène courant, de surcroît au cœur des préoccupations actuelles en matière de développement durable. Après l’oubli, s’ils ne sont pas détruits et remplacés par des programmes neufs, ces vestiges des XIXème et XXème siècles connaissent une nouvelle vie. Sans être muséifiés mais tout en respectant la mémoire dont ils sont porteurs, ils sont animés de nouveaux usages. Manufactures, chantiers navals, usines, minoteries, à l’architecture remarquable ou ordinaire, ils sont transformés en lieux de culture, logements, bureaux, équipements sportifs. Nous aborderons l’histoire de ces mutations et les problématiques qu’elles soulèvent notamment d’ordre technique, économique et patrimoniale.

 © Hendrik Ploeger