Archives pour la catégorie Conférences

La reconversion des lieux de l’industrie : de la ruine à la renaissance

Depuis les années 1970, la reconversion des lieux de l’industrie désaffectés est devenue un phénomène courant, de surcroît au cœur des préoccupations actuelles en matière de développement durable. Après l’oubli, s’ils ne sont pas détruits et remplacés par des programmes neufs, ces vestiges des XIXème et XXème siècles connaissent une nouvelle vie. Sans être muséifiés mais tout en respectant la mémoire dont ils sont porteurs, ils sont animés de nouveaux usages. Manufactures, chantiers navals, usines, minoteries, à l’architecture remarquable ou ordinaire, ils sont transformés en lieux de culture, logements, bureaux, équipements sportifs. Nous aborderons l’histoire de ces mutations et les problématiques qu’elles soulèvent notamment d’ordre technique, économique et patrimoniale.

 © Hendrik Ploeger

L’architecture muséale

Le musée comme levier de développement d’un territoire est une idée récente des années 80 notamment incarnée par le musée Guggenheim de Bilbao. Depuis 40 ans, de nombreux sites ont été réhabilités, d’autres ouverts, leur fréquentation a augmenté, des services des publics ont été créés. Dans l’esprit des Lumières et des premiers musées, la grandeur, l’utilité pédagogique et l’incarnation identitaire étaient les trois valeurs que devaient porter ces équipements culturels. Leur architecture devant en être le reflet direct. Mais qu’en est-il aujourd’hui de cet idéal républicain ? Du musée temple au musée forum, nous ferons apparaître au cours du temps les grandes typologies d’architecture muséale au travers de leur rapport à la ville, aux œuvres exposées, aux visiteurs, à la lumière ou encore aux parcours.

© Iwan Baan / archi  Sanaa

L’art dans la ville : pour faire cité

Les artistes comptent parmi les acteurs qui, avec les architectes, urbanistes, paysagistes, élus ou encore habitants peuvent participer à fabriquer la ville et au-delà, le territoire.  Au contact de l’espace public, l’art a évolué et de nouvelles formes d’expression artistique sont apparues comme le street art, l’art in situ, l’art contextuel, le land art … incarnées par différentes figures d’artistes et par des réalisations de natures et d’échelles différentes que nous aborderons. Cette conférence montrera également que si l’art frappe et heurte souvent les esprits, si des détracteurs s’opposent virulemment à des installations, les habitants savent aussi s’en emparer au travers de pratiques collectives et citoyennes qui génèrent de nouveaux usages. L’art peut alors améliorer la ville et la vie ce qui soulève la question de la responsabilité des pouvoirs publics en matière de politique culturelle.

© Uwe Kempa / artistes : Christo & Jeanne Claude

Architecture et gastronomie : un plaisir de tous les sens

Déguster. Voilà le maître mot ! Nourritures, vins et espace. Conjonction de choses, de faits, de lieux et de personnes, les plaisirs de la table semblent indissociables du cadre où nous les apprécions.  Les restaurateurs ne s’y trompent pas lorsqu’ils convoquent des architectes pour façonner leur lieu de travail. Des premiers « bouillons »‘ en passant par les brasseries jusqu’aux grandes tables qui font la réputation française,  nous mettrons en lumière  quelques uns des plus beaux sites où se mêlent arts, architecture et gastronomie en France et à l’étranger.

© A. Siza

Carlo Scarpa

Carlo SCARPA

Figure tutélaire de l’architecture du XXème siècle, l’architecte vénitien Carlo Scarpa fait partie de la petite famille de ceux que l’on nomme les « grands maîtres ». Influencé par Frank Lloyd Wright, il inspire toujours architectes et designers pour son attachement au dessin (« dessiner, c’est comprendre »), au geste artisanal et aux traditions locales. Alors que beaucoup de villes sont confrontées à la rénovation urbaine, sa capacité à composer avec l’histoire, à faire dialoguer de manière sensible ses créations avec les strates du passé est exemplaire. Dans les années 50, en inventant une relation inédite avec le déjà-là, notamment sur des sites patrimonialement sensibles, il a su se distancier de l’esthétique fonctionnaliste et de la technologie machiniste du Mouvement moderne. Sans pour autant renier cette modernité mais en l’ouvrant à de nouvelles perspectives, il a montré que l’architecture peut être « le plus grand des poèmes ».

© J.P. Dalbéra / archi : C. Scarpa

Andréa Palladio

Architecte italien du XVIème siècle, Andréa Palladio a donné son nom à une tendance, le palladianisme. Maçon de formation, Palladio maîtrise l’art de bâtir et défend une pensée rationnelle. Opposé au baroque, il fait l’apologie de la blancheur, de la pureté, des proportions et de l’harmonie et admire les grands modèles de l’antiquité gréco-romaine. Fin connaisseur des théories de Vitruve, il appartient à cette même famille d’architectes humanistes qui font de l’homme la mesure de toute chose. Auteur de différents édifices, il est notamment reconnu pour ses villas, lieux de villégiatures et d’exploitation agricole où il fait dialoguer architecture et paysage de façon incomparable. Les principes qui régissent ces demeures palladiennes -composition claire, contrastes simples, symétrie, centralité- seront repris avec gourmandise tout au long du XIXème siècle eu Europe, notamment dans les châteaux viticoles bordelais.

© A. Mia Battaglia / archi : Palladio

L’architecture contemporaine : un nouveau patrimoine ?

L’architecture contemporaine : un nouveau patrimoine ?
-thème des journées du patrimoine 2015-

Les réalisations des ‘’archistars’’ sont aujourd’hui convoquées comme outil de construction de l’attractivité d’une ville. Dans cette perspective, le grand projet urbain et le monument sont un support privilégié d’expression architecturale. Chaque ville veut avoir son musée, sa tour, son auditorium… estampillés d’une signature internationale. Mais à partir de quel moment et pour quelles raisons, un édifice du XXème et XXIème siècle est-il considéré comme patrimoine ? Toute architecture, tout programme, toute époque, d’auteur ou anonyme, peuvent-ils faire patrimoine ? Qui en décide et quelles en sont les conséquences ? Au final, le patrimoine se fabriquerait-il ? Et lorsqu’un ouvrage ou un site sont élevés au rang de patrimoine, comment les préserve-t-on ? En les entretenant au plus proche de leur état initial ou en les faisant évoluer ? Et jusqu’à quel point ? Cas d’études à l’appui, nous tâcherons de répondre à ces différentes interrogations qui préoccupent aujourd’hui tout territoire.

© F. Barré

Lorsque la lumière fait l’architecture

La lumière est la raison d’être de l’architecture, elle en constitue le premier matériau. Sans elle, le mur, l’espace, l’ombre n’existent pas. Depuis des siècles, les architectes la manipulent, des temples dédiés au Dieu Soleil en passant par les flammes du Gothique jusqu’aux expériences technologiques récentes. Au-delà de la « lumière éclairage » qu’a amené la révolution industrielle, il est question de la « lumière émotion ». Où, en la qualifiant, en en combinant les qualités (directe, réfléchie, zénithale, chaude, claire, solide…), en l’abordant de manière artistique plus que technique ou quantitative, les plus beaux espaces de l’histoire de l’architecture ont vu le jour. Aujourd’hui, si l’éclairage artificiel est maîtrisé dans ses dispositifs les plus sophistiqués, la lumière naturelle, solaire, du « Bon Dieu » -Le Corbusier-, tend à être oubliée dans l’architecture. Il semblerait que ce soit pourtant « la seule (…) qui fasse l’architecture être architecture » -Louis Kahn-. Nous retiendrons une sélection d’édifices où la lumière est mise en œuvre de manière sensible et poétique pour tour à tour permettre la fascination, le recueillement et la sérénité des hommes.

© Payton Chung / L. Kahn

Les lieux de musique symphonique et philharmonique : lorsque l’architecture cherche la note juste

Auditorium, philharmonie, cité de la musique, … Qu’est-ce aujourd’hui qu’un lieu de musique ? Pourquoi et comment le construit-on ? Quels liens compositeurs, ingénieurs, architectes et politiques doivent-ils tisser pour marier création architecturale, qualité technique et modelage du tissu urbain ? Nous répondrons à ces questions en étudiant notamment les Philharmonies de Berlin, Copenhague, Hambourg, celle de Paris qui a suscité une vive polémique mais aussi les cités de la musique de Rio ou Porto et des opérations plus expérimentales comme le Pavillon de l’exposition internationale de Bruxelles de Iannis Xénakis ou les structures accordables de Renzo Piano pour le compositeur Luigi Nono.

© Forgemind ArchiMedia

Jean Nouvel

D’origine lot-et-garonnaise, Pritzker Price 2008, Jean Nouvel a débuté sa carrière avec une architecture de pamphlet. Désormais « archi-star », il essaime ses projets de par le monde. L’architecte se revendique « sans recette », « sans style » à priori et dit souhaiter répondre aux contextes plus qu’à sa propre patte. Ses filiations, notamment liées à l’architecte Claude Parent, les différentes périodes de sa carrière, ses prises de position et concepts forces seront ici présentés et analysés.

© J. Bodin