Archives pour la catégorie Conférences

L’école de Porto

L’école de Porto voit le jour dans les années 50 pour s’opposer aux archaïsmes du régime totalitaire de Salazar. Au travers d’un enseignement spécifique, des figures fondatrices comme Fernando Tavora et Alvaro Siza vont s’employer à former des « maçons d’œuvre grave » autrement dit des architectes responsables qui considèrent que leur rôle dans la société est « grave » au sens de sérieux, honnête, réfléchi. Loin du geste démonstratif, de la forme gratuite et de la mode éphémère, ils livrent une architecture remarquable, blanche, simple et complexe à la fois, modeste et à l’écoute des hommes, ancrée dans les sites. Un retour à l’authentique à l’époque de l’apparence.

© archi : A. Siza

Roland Simounet : le luxe de la simplicité

Né en Algérie en 1927, Roland Simounet a beaucoup construit dans ce pays qu’il affectionnait. Affilié au Mouvement moderne, il s’est consacré à l’habitat du plus grand nombre pour résorber les bidonvilles dans lesquels il a enquêté en ethnologue. Proche de Le Corbusier et de Jean Prouvé, il a su se détacher du Style international pour définir une architecture soucieuse du lieu et des hommes, moderne et vernaculaire à la fois. Dans les années 1980, trois grands chefs d’œuvre en matière d’architecture muséale lui valent une reconnaissance internationale : le musée de la Préhistoire d’Ile-de-France, à Nemours, le Musée d’art moderne du Nord à Villeneuve d’Ascq et le musée Picasso à Paris. Il y met en œuvre l’essentiel pour servir les œuvres exposées et non pour faire un musée de sa propre architecture. Grande figure, pourtant méconnu du grand public, nous rendrons hommage à ce lauréat du Grand Prix National de l’architecture en 1997.

© N.Dewitte / LaM / archi : R. Simounet, M. Gautrand

La reconversion des lieux de l’industrie : de la ruine à la renaissance

Depuis les années 1970, la reconversion des lieux de l’industrie désaffectés est devenue un phénomène courant, de surcroît au cœur des préoccupations actuelles en matière de développement durable. Après l’oubli, s’ils ne sont pas détruits et remplacés par des programmes neufs, ces vestiges des XIXème et XXème siècles connaissent une nouvelle vie. Sans être muséifiés mais tout en respectant la mémoire dont ils sont porteurs, ils sont animés de nouveaux usages. Manufactures, chantiers navals, usines, minoteries, à l’architecture remarquable ou ordinaire, ils sont transformés en lieux de culture, logements, bureaux, équipements sportifs. Nous aborderons l’histoire de ces mutations et les problématiques qu’elles soulèvent notamment d’ordre technique, économique et patrimoniale.

 © Hendrik Ploeger

L’architecture muséale

Le musée comme levier de développement d’un territoire est une idée récente des années 80 notamment incarnée par le musée Guggenheim de Bilbao. Depuis 40 ans, de nombreux sites ont été réhabilités, d’autres ouverts, leur fréquentation a augmenté, des services des publics ont été créés. Dans l’esprit des Lumières et des premiers musées, la grandeur, l’utilité pédagogique et l’incarnation identitaire étaient les trois valeurs que devaient porter ces équipements culturels. Leur architecture devant en être le reflet direct. Mais qu’en est-il aujourd’hui de cet idéal républicain ? Du musée temple au musée forum, nous ferons apparaître au cours du temps les grandes typologies d’architecture muséale au travers de leur rapport à la ville, aux œuvres exposées, aux visiteurs, à la lumière ou encore aux parcours.

© Iwan Baan / archi  Sanaa

L’art dans la ville : pour faire cité

Les artistes comptent parmi les acteurs qui, avec les architectes, urbanistes, paysagistes, élus ou encore habitants peuvent participer à fabriquer la ville et au-delà, le territoire.  Au contact de l’espace public, l’art a évolué et de nouvelles formes d’expression artistique sont apparues comme le street art, l’art in situ, l’art contextuel, le land art … incarnées par différentes figures d’artistes et par des réalisations de natures et d’échelles différentes que nous aborderons. Cette conférence montrera également que si l’art frappe et heurte souvent les esprits, si des détracteurs s’opposent virulemment à des installations, les habitants savent aussi s’en emparer au travers de pratiques collectives et citoyennes qui génèrent de nouveaux usages. L’art peut alors améliorer la ville et la vie ce qui soulève la question de la responsabilité des pouvoirs publics en matière de politique culturelle.

© Uwe Kempa / artistes : Christo & Jeanne Claude

Architecture et gastronomie : un plaisir de tous les sens

Déguster. Voilà le maître mot ! Nourritures, vins et espace. Conjonction de choses, de faits, de lieux et de personnes, les plaisirs de la table semblent indissociables du cadre où nous les apprécions.  Les restaurateurs ne s’y trompent pas lorsqu’ils convoquent des architectes pour façonner leur lieu de travail. Des premiers « bouillons »‘ en passant par les brasseries jusqu’aux grandes tables qui font la réputation française,  nous mettrons en lumière  quelques uns des plus beaux sites où se mêlent arts, architecture et gastronomie en France et à l’étranger.

© A. Siza

Carlo Scarpa

Figure tutélaire de l’architecture du XXème siècle, l’architecte vénitien Carlo Scarpa fait partie de la petite famille de ceux que l’on nomme les « grands maîtres ». Influencé par Frank Lloyd Wright, il inspire toujours architectes et designers pour son attachement au dessin (« dessiner, c’est comprendre »), au geste artisanal et aux traditions locales. Alors que beaucoup de villes sont confrontées à la rénovation urbaine, sa capacité à composer avec l’histoire, à faire dialoguer de manière sensible ses créations avec les strates du passé est exemplaire. Dans les années 50, en inventant une relation inédite avec le déjà-là, notamment sur des sites patrimonialement sensibles, il a su se distancier de l’esthétique fonctionnaliste et de la technologie machiniste du Mouvement moderne. Sans pour autant renier cette modernité mais en l’ouvrant à de nouvelles perspectives, il a montré que l’architecture peut être « le plus grand des poèmes ».

© J.P. Dalbéra / archi : C. Scarpa

Andréa Palladio

Architecte italien du XVIème siècle, Andréa Palladio a donné son nom à une tendance, le palladianisme. Maçon de formation, Palladio maîtrise l’art de bâtir et défend une pensée rationnelle. Opposé au baroque, il fait l’apologie de la blancheur, de la pureté, des proportions et de l’harmonie et admire les grands modèles de l’antiquité gréco-romaine. Fin connaisseur des théories de Vitruve, il appartient à cette même famille d’architectes humanistes qui font de l’homme la mesure de toute chose. Auteur de différents édifices, il est notamment reconnu pour ses villas, lieux de villégiatures et d’exploitation agricole où il fait dialoguer architecture et paysage de façon incomparable. Les principes qui régissent ces demeures palladiennes -composition claire, contrastes simples, symétrie, centralité- seront repris avec gourmandise tout au long du XIXème siècle eu Europe, notamment dans les châteaux viticoles bordelais.

© A. Mia Battaglia / archi : Palladio

L’architecture contemporaine : un nouveau patrimoine ?

Thème des journées du patrimoine 2015

Les réalisations des ‘’archistars’’ sont aujourd’hui convoquées comme outil de construction de l’attractivité d’une ville. Dans cette perspective, le grand projet urbain et le monument sont un support privilégié d’expression architecturale. Chaque ville veut avoir son musée, sa tour, son auditorium… estampillés d’une signature internationale. Mais à partir de quel moment et pour quelles raisons, un édifice du XXème et XXIème siècle est-il considéré comme patrimoine ? Toute architecture, tout programme, toute époque, d’auteur ou anonyme, peuvent-ils faire patrimoine ? Qui en décide et quelles en sont les conséquences ? Au final, le patrimoine se fabriquerait-il ? Et lorsqu’un ouvrage ou un site sont élevés au rang de patrimoine, comment les préserve-t-on ? En les entretenant au plus proche de leur état initial ou en les faisant évoluer ? Et jusqu’à quel point ? Cas d’études à l’appui, nous tâcherons de répondre à ces différentes interrogations qui préoccupent aujourd’hui tout territoire.

© F. Barré

Lorsque la lumière fait l’architecture

La lumière est la raison d’être de l’architecture, elle en constitue le premier matériau. Sans elle, le mur, l’espace, l’ombre n’existent pas. Depuis des siècles, les architectes la manipulent, des temples dédiés au Dieu Soleil en passant par les flammes du Gothique jusqu’aux expériences technologiques récentes. Au-delà de la « lumière éclairage » qu’a amenée la révolution industrielle, il est question de la « lumière émotion ». Où, en la qualifiant, en en combinant les qualités (directe, réfléchie, zénithale, chaude, claire, solide…), en l’abordant de manière artistique plus que technique ou quantitative, les plus beaux espaces de l’histoire de l’architecture ont vu le jour. Aujourd’hui, si l’éclairage artificiel est maîtrisé dans ses dispositifs les plus sophistiqués, la lumière naturelle, solaire, du « Bon Dieu » -Le Corbusier-, tend à être oubliée dans l’architecture. Il semblerait que ce soit pourtant « la seule (…) qui fasse l’architecture être architecture » -Louis Kahn-. Nous retiendrons une sélection d’édifices où la lumière est mise en œuvre de manière sensible et poétique pour tour à tour permettre la fascination, le recueillement et la sérénité des hommes.

© Payton Chung / L. Kahn