Archives pour la catégorie Conférences

La sécurisation résidentielle

L’enfermement résidentiel d’une communauté au sein de territoires et de villes privés est une réalité aux Etats-Unis, en Afrique du Sud ou encore au Brésil. Ce concept immobilier repose sur la recherche de l’entre soi, la sécurisation et le pouvoir politique (car certains de ces quartiers ont fait session avec leur municipalité). Après avoir analysé les fondements de ce phénomène, nous nous intéresserons à son actualité. Nous poursuivrons en abordant son « adaptabilité » au territoire français où il est plus le fait d’une volonté d’exclusion de certaines catégories de population que d’un regroupement communautaire (par affinités). Préoccupants, les dangers de cette ségrégation volontaire et de ce retrait de la société seront abordés au travers du prisme de l’architecture et de l’urbanisme.

© R. Janda

Panorama des grands noms du paysagisme contemporain

Cette conférence est l’occasion de revenir sur une profession encore souvent apparentée à l’embellissement de l’architecture. Nous aborderons les pionniers du paysagisme contemporain français qui ont oeuvré au moment de la reconstruction avant de présenter ceux qui font aujourd’hui l’actualité, confrontés à des enjeux sociaux mais aussi écologiques. De grands noms tels que Gilles Clément, Alexandre Chemetoff, Michel Corajoud, Michel Desvigne ou encore Pascal Cribier attireront notre attention au travers de réalisations plus ou moins emblématiques, d’échelles et de natures différentes.

© E. Westerveld

Le concept du loft

Fortement connoté d’un style de vie « bourgeois bohème », le loft est un « produit » immobilier très prisé. Au-delà, il est intéressant d’étudier comment, des premiers ateliers d’artistes parisiens et new-yorkais jusqu’à la reconversion des vestiges de l’industrie contemporaine, le loft a d’abord été un phénomène marginal avant de devenir « à la mode ». Au-delà, ce qui nous intéresse, est de l’aborder sous l’angle sociologique et spatial afin de comprendre comment, d’un usage artisanal et industriel, un édifice peut endosser un usage domestique. Pour le comprendre, nous tâcherons de passer dans les coulisses de quelques réalisations.

© archi : P. Hernandez

Jean Prouvé, le ‘’tortilleur de tôle’’

Inventeur autodidacte, Jean Prouvé a consacré sa vie à transposer les techniques de l’industrie dans le champ du bâtiment pour en maîtriser la fabrication et en abaisser les coûts et délais de réalisation. Jugé « trop moderne » par certains de ses contemporains, il fut constamment en quête de nouveauté, mettant au point de formidables ouvrages en tôle d’acier pliée. Homme intègre, il travailla à la construction de logements et de meubles pour les plus modestes et collabora avec l’Abbé Pierre dont il partageait l’engagement… toujours tourné vers l’humain.

© R. Winchell

L’Art Nouveau

Premier mouvement d’avant-garde au tournant du XIXème et du XXème siècle, l’Art Nouveau a cherché à battre en brèche l’académisme et l’éclectisme. Il ambitionnait de réformer le cadre bâti en recourant à un nouveau vocabulaire, libre de toute référence au passé. Sans règle, dynamique et instinctif, il était basé sur une empathie avec la nature. Son exubérance s’est incarnée, à différents degrés, dans les réalisations d’Hector Guimard, Antonio Gaudi ou encore Louis Majorelle. Mais au-delà de son aspect ornemental, ce style a apporté un profond renouveau dans la manière de concevoir l’espace domestique -Victor Horta- ou encore d’envisager la production d’objets en série à destination du plus grand nombre -école de Nancy-.

© J. P. Dalbéra

La ville en haut de l’affiche

Le cinéma, l’architecture et l’urbanisme entretiennent de longue date des rapports privilégiés, ils s’alimentent l’un l’autre. Depuis les frères Lumière, réelle ou imaginaire, la ville est représentée diversement par les cinéastes contemporains. Tandis qu’ils la racontent, les architectes la fabriquent et s’inspirent même de certains films dans leur pratique. Nous essaierons de comprendre comment Woody Allen, Pedro Almodóvar, Amos Gitai, François Truffaut, Federico Fellini ou encore Youssef Chahine -pour ne citer qu’eux-, considèrent la ville comme un personnage plus que comme un décor et en montrent les différentes facettes.

© V. Gucwa

Peter Zumthor

Architecte suisse, Prix Pritzker 2009, Peter Zumthor développe une production volontairement limitée. « Maître architecte », intransigeant, déterminé il exerce à l’abri de l’exposition médiatique. À l’heure où le virtuel et la dématérialisation de l’architecture se développent, Zumthor renoue avec le concret et la mise en oeuvre précise et sensuelle des matériaux. À l’image des célèbres Thermes de Vals, son architecture est puissante, rigoureuse, intemporelle et pourtant toujours attentive au lieu.

© Fcamusd

La Nouvelle Aquitaine : locale et-ou globale ?

Si des courants majeurs ont pu émerger et s’illustrer dans des grandes villes du monde durant les XXème et XXIème siècles, on peut se demander s’ils ont pu percer en France, en région, sur des communes plus modestes voire reculées et de quelle manière. Le Bauhaus et l’Esprit Nouveau de Le Corbusier, la théorie du chaos de Koolhaas, l’architecture éco high-tech de Renzo Piano… ont-ils trouvé des adeptes, des terrains d’application en Nouvelle Aquitaine ? Où cette dernière s’est-elle montrée réfractaire à la diffusion de ces concepts ? Inversement, a-t-elle permis l’épanouissement de styles, de démarches spécifiques ? En un mot, notre région est-elle unique ou exemplaire de ce qui s’est fait ailleurs en matière d’aménagement ?

© D. Avisse

Rénovation urbaine : démolir, reconstruire ou remodeler ?

Pour répondre à la pression démographique de l’après-guerre, la France a mis en œuvre une forte politique publique de l’habitat durant les 30 glorieuses. Des grands ensembles construits selon un urbanisme de « chemin de grue » ont vu le jour. L’industrialisation et la préfabrication était une priorité pour produire en masse. Remis en question pour leur homogénéité tant sociale que spatiale, leur manque de densité, leur vétusté et leurs problèmes sociaux, ils font l’objet depuis les années 90 d’une politique de « rénovation urbaine ». Certains sont détruits puis reconstruits, alors qu’un urbanisme de conservation, moins traumatisant, est aussi défendu. L’architecture y est « remodelée », adaptée aux normes de confort actuelles, les quartiers sont désenclavés, reconsidérés. Petite mise au point sur les pratiques contemporaines en la matière…

© Y. Fahimuddin

Edmond Lay ou la quête de la « rassurance »

Originaire des Hautes Pyrénées, Edmond Lay est l’auteur d’une architecture organique inspirée de celle de son maître, l’américain Frank Lloyd Wright. Né en 1930, il a conjugué le rationalisme strict de Le Corbusier et Mies Van der Rohe au souci du lieu et de la domesticité d’Alvar Aalto. En évitant l’écueil du pittoresque et du régionalisme, ses réalisations établissent un lien étroit avec le territoire et recourent à des matériaux naturels sans renier le béton et le verre. Soucieux du « bien être biologique, psychologique et social » de l’homme, porteur du concept de « rassurance », il a construit à Tarbes, Sarlat, Auch ou encore Bordeaux avec notamment le siège de la sculpturale Caisse d’épargne de Mériadeck.

© DRAC Aquitaine